Neuf siècles d’histoire : la braderie de Lille en dates

Retour sur les épisodes qui ont façonné le rendez-vous lillois de l'année.

Histoire de la Braderie de Lille

La première trace écrite de la braderie remonte à 1127, dans les chroniques de Galbert de Bruges, un clerc de l’administration du comté de Flandres.

À l’époque, rien à voir avec un vide-grenier. C’est une foire commerciale qui autorise les marchands étrangers à traiter avec les Lillois, quelques jours après l’Assomption. 

L’événement grossit au fil des siècles, jusqu’à s’étaler sur un mois entier. Puis vient la guerre des Flandres. En 1305, la France l’emporte, le comté renonce à ses droits sur Lille et la foire est ramenée à cinq jours.

Un tournant au 16ème siècle

Les domestiques obtiennent le droit de vendre les vêtements et les objets dont leurs maîtres ne veulent plus. Une seule fois par an et uniquement du crépuscule à l’aube, car ils doivent être présents pour le coucher et le lever de leurs employeurs.

Ce sont eux, les premiers bradeux. Et c’est de là que vient une habitude, celle de chiner au petit matin pour faire les meilleures affaires.

En 1882, la braderie quitte exceptionnellement septembre pour octobre. Les bradeux sont invités à se costumer pour reconstituer le tableau de François Watteau, « La Braderie de Lille », toujours visible au Musée de l’Hospice Comtesse.

La braderie en 1885

Neuf siècles, forcément, ça laisse des traces !

La braderie reprend après la Libération en 1945 mais la France sort à peine du rationnement. L’approvisionnement en moules est confié à la Hollande. À l’arrivée, la marchandise est jugée impropre à la consommation et finit à la poubelle. C'est la première et dernière braderie sans moules de l'ère moderne.

En 1981, Pierre Mauroy, maire de Lille et tout juste nommé Premier ministre, emmène une armée de journalistes dans les rues. Sur Antenne 2, il lâche cette phrase devenue culte : "Ce bric-à-brac est une réaction contre une société trop hiérarchisée". À partir de là, la braderie prend une autre dimension et aucune rédaction nationale n’oublie plus le rendez-vous lillois.

En 1996, l'élu déplace le départ au samedi après-midi et la clôture au dimanche soir. Jusque-là, la braderie courait du dimanche soir au lundi midi. Une spécificité lilloise disparaît alors.

En 2011, Météo France annonce des rafales à 90 km/h en plein après-midi ensoleillé. Les exposants doivent remballer avant 22 heures. Un plan de sauvegarde en cas de risques naît alors de cet épisode.

Cinq ans plus tard, la braderie est purement annulée après les attentats. Martine Aubry parle d'une décision raisonnable. Même chose en 2020 et 2021, cette fois l'annulation est due à la pandémie du Covid-19.

Reste la tradition la plus visible. Les moules auraient remplacé le poulet rôti dès le 15ème siècle, après une maladie qui décima les volailles. Aujourd’hui, 500 tonnes de moules sont avalées en un week-end et les tas de coquilles se disputent le titre du plus haut. 

Ces coquilles, d’ailleurs, ne partent plus à la poubelle. Elles sont recyclées et peuvent être utilisées à nouveau. Exemple avec les bancs publics, devant l’Hôtel de Ville, en 2025.

Neuf cents ans de braderie, et ce n’est pas près de s’arrêter.  Rendez-vous les 5 et 6 septembre. Nous serons présents devant le parvis de la CCI !

L'Histoire de la Braderie de Lille